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Guérir de soi

Dernièrement, j’ai découvert un livre très motivant et qui m’a permis de faire une introspection bien approfondie sur mon moi intérieur. Il s’intitule “Guérir de soi ” par l’auteure Nathalie Jean. Je vais donc partager avec vous quelques extraits très révélateurs de ce que je peux vivre en moi et au quotidien. Quelques facettes de ma personnalité qui fait défaut, tout débute en ce sens. Le pourquoi de ma maladie…

« On connait la souffrance quand la conscience rencontre la réalité et que cette réalité est reniée.»

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J’ai l’illusion que si une personne pouvait m’aimer, je serais sauvée. Les mots me manquent pour décrire le désespoir qui s’est emparé de moi. La boulimie et l’anorexie, c’est le « paraître » qui prend le dessus sur l’«être ». Il s’agit de revêtir un déguisement, un faux moi et le vrai moi est enfoui, étouffé à l’intérieur. J’ai pourtant cherché à mériter le droit d’être qui j’étais et n’y suis pas parvenue. Lorsque la mort intérieure s’installe, il n’y a plus de sentiment, plus de vie, seulement la peur qui prend toute la place. Pour survivre, j’ai compris que je dois toujours être parfaite, mais surtout ne pas déplaire.

D’ailleurs, j’ai développé mon sixième sens de façon à prévoir les réactions des autres, ce qui me fait très peur. À la moindre réaction des autres, je fais tout pour leur plaire et ainsi calmer leurs émotions dont inévitablement, je me sens si responsable. C’est ainsi que j’en viens à développer des symptômes de panique et un état dépressif. La colère et la rage que je ressens grandissent en moi pour de nombreuses raisons, à l’école, les moqueries des autres élèves, le rejet, la honte. Je préfère retourner cette colère contre moi en me créant des maladies, dont la boulimie. Plus j’ai grandi et plus la confiance en moi fut réduite à zéro. Comme je n’ai jamais appris à répondre à mes besoins, c’est le cousin de la peur, du doute qui a subsisté dans ma vie. D’où le fait que j’ai une difficulté à reconnaître ce qui est bon ou non pour moi.

Donc, très jeune, je me mis comme défi personnel de partir à la conquête de l’amour pour enfin avoir le sentiment de valoir quelque chose aux yeux des autres. Je veux démontrer que ma présence sur la terre a une importance, même si minime soit-elle. La déception s’installe rapidement dans ma vie puisque je suis constamment en état d’attente. Ma maladie m’a poussée à l’isolement le plus complet, recluse dans mon appartement, confinée depuis un an déjà dans ma bulle de regret, d’amertume et de douleur. Je ne veux plus sortir de chez moi, cela m’est trop difficile. J’ai sans cesse l’impression que le jugement des autres est trop pesant sur mes épaules, que je ne suis pas assez forte pour affronter et prendre ma place devant tout ce monde. J’ai honte de ce que je suis et ce que je suis devenue, de ne pas être parfaite, jamais assez parfaite. Je ne sais plus du tout qui je suis, ni même ce que je fais sur la terre. J’ai créé un cauchemar dans lequel je me complais.

J’ai beaucoup de difficulté à m’ouvrir aux autres, à communiquer, car je me sens impuissante face à ce que je pense réellement, je n’en ai vraisemblablement aucune idée. Je me sens figée, paralysée, mortifiée. Lorsque je me fais plaisir, je m’en culpabilise toujours par la suite. Je suis tellement remplie de souffrance et de confusion que cela m’amène à critiquer constamment les autres, ce qui me donne l’illusion d’être mieux qu’eux même si c’est totalement faux et lorsqu’on me dit mes vérités, je deviens rapidement en colère et je refuse catégoriquement l’affirmation parce que selon moi, je ne suis pas encore assez correcte, et ce, au lieu d’accepter mes faiblesses. Tout scénario m’amène à ne jamais être satisfaite de moi et des autres qui m’entourent parce que tout n’est jamais parfait et mon œil vif est sans cesse en état de critique. D’où mon incapacité à me donner entièrement.

Étant en constante recherche de reconnaissance, je cherche le droit d’exister par l’entremise des autres autour de moi. Je me sens tourmentée, je ne sais plus ce qui est vrai ou faux, je suis dans le doute constant tellement je ne m’aime pas. J’ai réalisé jusqu’où j’étais capable d’aller pour me faire aimer : renier des parties de moi-même, me mentir à moi et aux autres, minimiser les choses, me mettre à mon avantage, critiquer, toujours croire que j’ai raison et ne pas admettre mes faiblesses tout cela pour taire le fameux monstre qui vit en moi depuis tant d’années. Je sais par contre que la première étape de guérison de ma maladie est le respect de moi-même, ce respect que je n’ai jamais eu. J’idéalise mes relations amoureuses et je me suis rendu compte que c’est de l’amour dont j’étais amoureuse et non de la personne en elle-même. Être amoureux et aimer quelqu’un est complètement différent. Dans l’état amoureux, l’amour n’est pas présent, mais plutôt l’image, l’illusion que l’on se fait de la personne. Le déni total de ce que j’ai vécu et de ce que je suis m’ont apporté des conséquences physiques et des troubles de comportement, dont celui de l’alimentation. D’ailleurs, j’ai toujours manqué de confiance en moi d’où mon besoin constant d’avoir l’approbation des autres ainsi que leur opinion face à mes choix. J’ai besoin sans cesse d’être rassurée et soutenue.

Mon manque de confiance m’amène fréquemment à réagir fortement lorsque je suis critiquée et à dire souvent oui pour ne pas déplaire. Lorsque je vis une relation amoureuse, je dois entrer en état fusionnel et lorsque je vis une rupture, je fais tout pour entrer une fois de plus en symbiose avec une autre personne de peur d’être seule, c’est ce besoin d’amour qui refait surface. Au fil du temps, j’ai compris que j’étais une éternelle insatisfaite de l’amour, puisque je remets aux autres la responsabilité de combler tous mes besoins. J’ai développé de nombreuses dépendances, la nourriture, l’alcool, la cyberdépendance dans le seul but d’anesthésier ma souffrance, ma culpabilité et la honte qui m’habitent et ainsi me procurant un état d’ivresse dans tous les sens du terme. Par ce sentiment de bien-être, je fuis le problème en essayant ainsi de me changer les idées et j’ai l’impression de revivre, de ressentir quelque chose puisqu’au départ, je me suis mise à mort psychiquement, mais malheureusement, c’est de courte durée. Je reviens rapidement au désespoir, aux peurs et aux émotions reniées. Par ces états que j’essaie de me procurer, je ressens de l’euphorie et je veux répéter souvent ce stratagème pour ainsi continuer à endormir ma souffrance et éviter le contact direct avec ma solitude qui m’amènerait inévitablement à la confrontation de mes démons intérieurs. Pourtant, je veux me battre pour vaincre ma dépendance à la nourriture, mais je sais que je tenterai de créer une autre dépendance pour combler le vide. Moi, cette boulimique, vis un sentiment d’être répugnante aux yeux des autres, de ne pas avoir de place, celle qui me revient dans la société. C’est alors que je mange à outrance pour remplir ce fameux vide intérieur et ainsi pouvoir prendre ma place avec le poids.

Je me sens incapable de le faire autrement. Je n’ai jamais su imposer mes limites à quiconque et je trouve plus facile de faire la victime et de transposer la faute sur les autres puisque j’ai de la difficulté à me responsabiliser. Je suis aussi incapable d’assumer mes besoins et je me fâche souvent lorsque les autres ne répondent pas systématiquement à ce que j’attends d’eux. Je suis finalement victime et bourreau de moi-même. Je suis un être qui aime plaire et je ferais tout pour attirer des grâces même si cela implique de me déplaire. De plus, je suis susceptible, je suis toujours sur mes gardes, j’ai terriblement peur de faire des erreurs et je suis perfectionniste. Mon but ultime est devenir parfaite mais je sais fort bien que la perfection n’existe pas en ce bas monde. La cause: Toutes les critiques que j’ai reçu et les humiliations de mon enfance ont ressurgis à l’âge adulte sous forme de monstre intériorisé. Tout cela fait en sorte que je suis convaincue que je ne suis pas digne d’être aimée. Pour ne plus sentir la culpabilité, la honte de faire de la peine aux autres, je me met à la conquête des autres en développant mon psychisme à l’extrême, mes fameuses antennes de communication. Je suis toujours aux aguets afin de prévenir les réactions des autres, les devançant, pour ainsi me protéger. Ma perception de moi est complètement négative et se traduit par un grand mépris donnant comme résultat un grand mal de vivre. Je veux être reconnue comme une bonne personne, une belle personne et cela m’amène à avoir des comportements névrosés qui se traduisent par une obsession à ne jamais être correcte, pas normale, pas belle, grosse, inférieure. Je me méprise sans cesse et me critique beaucoup.

L’image que je vois de moi-même est perturbée. Pour ce qui est de m’affirmer, m’assumer, je ne m’en sens jamais la force. Je dépends de ce que les autres peuvent penser de moi et cela ruine ma vie. J’ai toujours été une personne extrêmement  impulsive, variant selon mon humeur qui est sans cesse instable. Mes émotions s’avèrent un obstacle et j’ai beaucoup de difficulté à les gérer, c’est ma grande peur de perdre, d’être abandonnée, délaissée. Mes demandes sont très exigeantes et envahissantes, je ne m’ouvre jamais totalement dans une relation et je suis incapable d’authenticité et plus la relation devient intime, plus je me sens menacée.  La colère fait partie intégrale de mon quotidien, car dès que je suis contrariée, je réagis fortement pour ensuite être dans un sentiment de vide, avec un humeur dépressive.

Si je poursuis dans ce sens, je suis vouée à l’échec et l’insatisfaction dans tous les domaines de ma vie, surtout relationnel. Lorsque j’étais jeune, j’ai vécu nombreuses situations qui ont fait que maintenant j’ai une grande peur du rejet et d’être humiliée. J’ai peur de parler devant un groupe, de risquer faire face à la critique ou d’être ridiculisée. Mes craintes m’amènent à éviter certaines situations où je pourrais être exposée au ridicule, à l’humiliation. J’ai peur d’être mal à l’aise, de ne pas savoir quoi dire, peur du jugement, du sentiment d’infériorité, de ne pas être à la hauteur, peur de rougir, cette crainte de déplaire, de m’exposer aux railleries et cette crainte devient obsession. Mais je me suis rendue compte d’une chose, j’ai réalisé que c’était mon propre jugement que je retrouvais chez les autres, c’est ce que je pense réellement de moi qui se transpose dans le regard des autres.

Voilà, une partie de moi, une partie de ma maladie et ça fait tellement de bien de l’écrire, je viens de me libérer d’un poids énorme.

Published in:Extrait de livre |on janvier 15th, 2011 |1 Comment »

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